Le lien entre contraception et orgasme

En ce 21 décembre 2022, journée mondiale de l’orgasme, il nous parait pertinent d’aborder le lien entre la contraception et l’orgasme. Vous vous demandez peut-être quel est-il? Voyons cela ensemble.

D’abord, c’est quoi un orgasme?

Comme pour toute expérience, l’expérience de l’orgasme est très subjective et sa définition peut donc varier d’une personne à l’autre. La définition théorique de l’orgasme soutient qu’il s’agit d’une sensation de grand relâchement suite à l’atteinte d’un point culminant de plaisir et d’excitation. Certaines femmes rapportent avoir de la difficulté à atteindre l’orgasme ou ne savent pas si elles en ont déjà vécu.

Quand est-il de l’écart de jouissance?

D’abord, un petit tour d’horizon sur les connaissances entourant l’écart de jouissance s’impose. Une étude publiée en 2017 dans les Archives of Sexual Behavior a révélé que 95% des hommes auraient un orgasme lors des rapports hétérosexuels, alors que pour les femmes, ce n’est le cas que pour 65% d’entre elles (Frédérick et al., 2017).

Cette statistique peut être expliquée par une multitude de facteurs, tels que l’éducation sexuelle négative reçue, les relations sexuelles centrées sur la pénétration, la priorisation du plaisir masculin, le tabou de la masturbation féminine, etc. Dans une relation hétérosexuelle, on considère facilement qu’il est normal de terminer une relation sexuelle après que l’homme a eu un orgasme, alors que le contraire est moins commun et envisageable socialement (Séguin et al., 2018).

L’impact de la contraception sur la satisfaction sexuelle

Lorsqu’on aborde le sujet de la contraception, il est probable qu’on entende plusieurs histoires et expériences différentes. C’est normal, chaque personne est différente. Certaines expériences sont positives, d’autres un peu moins. Parmi ce qu’on peut entendre au sujet de la contraception hormonale, c’est que celle-ci diminue le désir sexuel. En effet, certaines méthodes contraceptives hormonales peuvent affecter le niveau de désir sexuel. Une personne peut avoir besoin d’essayer différentes méthodes avant de trouver celle qui lui convient le mieux. D’autant plus que le niveau de désir sexuel est influencé par de nombreux autres facteurs, qui peuvent être pertinents à investiguer avant de penser à changer de moyen de contraception. Ceci dit, le désir sexuel peut aussi être affecté par le niveau de satisfaction conjugal, le manque de communication, les événements de vie difficiles, etc.

La crainte d’une grossesse imprévue, un frein au laisser-aller dans la sexualité

Le risque de grossesse imprévue peut être une source de stress importante pour certaines personnes. En ayant cette crainte en tête lors des activités sexuelles, il peut être difficile de se laisser aller et de se donner le droit de vivre l’expérience du plaisir.

Avoir une relation sexuelle non protégée peut ne pas être stressant pour certain.e.s, alors que pour d’autres, ça peut l’être beaucoup. C’est pourquoi il est pertinent d’aborder la contraception avant de débuter les activités sexuelles. D’une part, on est sûr de ne pas oublier de l’aborder, et d’une autre, on s’assure d’avoir la tête libre de cette source de stress.

Une personne qui ne souhaite pas vivre une grossesse, et qui a une relation sexuelle à risque de grossesse aura peut-être tendance à vivre du stress et à être davantage dans sa tête durant l’activité sexuelle. Pour être dans un contexte favorable à l’expérience du plaisir sexuel, il est généralement recommandé d’être connecté à son corps et de vivre le moment présent.

Lorsqu’une personne trouve la bonne formule pour elle afin d’éviter les grossesses imprévues, que ce soit le condom, la contraception hormonale ou une méthode naturelle, ça diminue les inquiétudes et permet de vivre des relations sexuelles plus épanouies. Il peut alors être plus facile de se concentrer sur ses sensations corporelles, en anticipant moins les risques.

Pour plus d’informations sur les différentes méthodes contraceptives, c’est ici!

Lorsqu’on parle de contraception, on pense souvent aux femmes. En effet, ce sont majoritairement sur elles que repose le poids de la charge contraceptive. Autant que l’utilisation d’une méthode contraceptive peut être aidant pour vivre sa sexualité plus librement, autant que cela puisse être une charge importante et ainsi, être une autre source de stress. Le poids de la charge contraceptive peut être un facteur ayant un impact sur la capacité à se laisser aller durant les activités sexuelles, et donc, sur l’orgasme.

Autres pistes de solutions pour une sexualité satisfaisante

Évidemment, il fut question de relations sexuelles hétérosexuelles et centrées sur la pénétration dans cet article, considérant le thème de la contraception. Toutefois, il existe plusieurs autres façons de vivre sa sexualité, et ce, sans nécessairement avoir de risque de grossesse. Les caresses sur les zones érogènes autres que génitales, le sexe oral, la masturbation ou autres peuvent être aussi être sinon plus satisfaisants pour certaines personnes.

Rappelons que le clitoris est le seul organe du corps humain 100% dédié au plaisir et le seul responsable du plaisir orgasmique chez la femme. Avez-vous déjà entendu le mythe répandu que certaines personnes seraient vaginales et d’autres clitoridiennes? En fait, c’est le clitoris qui est responsable de l’orgasme par stimulation externe et interne. Il peut donc être pertinent de s’y attarder!

Finalement, quelle que soit la méthode de contraception utilisée, chaque personne devrait pouvoir vivre sa sexualité pleinement, sans crainte de grossesse imprévue. Mais comme aucune méthode contraceptive n’est efficace à 100%, il est nécessaire de discuter de contraception avant d’entreprendre une activité sexuelle, si on ne souhaite pas vivre une grossesse.

Sources:

Frederick, D., St John, H. K., Garcia, J. R., & Lloyd, E. A. (2017). Differences in orgasm frequency between gay, lesbian, bisexual, and heterosexual men and women in a US national sample.

Séguin, L. J., Rodrigue, C., & Lavigne, J. (2018). Consuming ecstasy: Representations of male and female orgasm in mainstream pornography. The Journal of Sex Research, 55(3), 348-356.